Dans le cadre de son cycle « Rencontre et échange », l’Ecole Supérieure de Design et des Arts Visuels à Casablanca abrite actuellement des journées portes ouvertes dont le thème fédérateur est « création et communication ». Il s’agit d’un rendez-vous exclusivement artistique animé par des rencontres ouvertes avec les acteurs de la création en design et communication graphique.

De leurs côtés, les étudiants ont exposé leurs travaux de recherche et de créativité en matière de design d’intérieur et de design publicitaire, en mettant en exergue leurs compétences opérationnelles, ce qui rime avec la mission d’encadrement et d’accompagnement des talents et révèle la sensibilité et l’innovation. Ainsi, les travaux exposés y compris les objets utilitaires inspirés de la mémoire artisanale marocaine génèrent des capacités fédératives structurantes révélant l’intérêt des repères individuels et des codes collectifs. Plate forme réflexive, ces portes ouvertes ont pour objectifs de faire connaître la production interprofessionnelle de l’Ecole Supérieure de Design et des Arts Visuels qui assure une formation artistique, réaliste et créative dans différentes spécialités, notamment le design d’intérieur et le design publicitaire, elle assure un niveau de compétences permettant aux étudiants de décliner leur savoir faire et leur savoir devenir en fonction de leur goûts et de leurs sensibilités à même d’assurer à chaque étudiant une insertion efficace dans le monde professionnel. Le principe majeure qui conditionne cet événement culturel est de rendre visible, le lien entre la pédagogie et l’action culturelle, en proposant des espaces d’activité, d’échanges et de production, les ateliers de l’école hébergent en tout premier lieu les activités de l’école, mais aussi tout événement culturel et artistique de la ville de Casablanca, ils s’articulent dans un système d’échange avec l’extérieur et notamment dans la création d’interface avec les autres établissements et les institutions culturelles de la ville de Casablanca. Sur cette stratégie de la formation par compétence, Abderrahim Jabrani, directeur de l’ESDAV, a confié à libé : « Conforme aujourd’hui de fait aux questionnements structurels et convergents des mondes de design et de l’enseignement supérieur et consciente de son rôle sensible dans ces deux domaines de références, notre école s’est engagée dans une ambitieuse réforme dont les projets pédagogique et culturel forment la base. A partir de sa seule compétence d’établissement d’enseignement supérieur artistique, en créant la complémentarité et l’ouverture sur lesquelles elle exerce sa rigueur, l’école n’oublie pas sa situation géoculturelle au sein d’une ville de quatre millions d’habitants (Casablanca) et contribue à renouveler les notions de rayonnement culturel. Pour faire face au développement spectaculaire du monde de design, de son interactivité, l’Ecole a décidé de dispenser une formation exigeante et s’affirme comme un établissement supérieur de recherche et de production en design. A ce propos, nous essayons de renforcer le caractère global et polyvalent de l’enseignement pour pouvoir développer avec une plus grande pertinence la notion de recherche personnelle dans les domaines de la création en design ». Sur l’énoncé du problème pédagogique relatif à l’enseignement du design, Abderrahim Jabrani apporte l’éclairage suivant : « L’éducation au design es l’entraînement spécifique des facultés de perception et d’imagination visuelle. Ce qui s’enseigne à l’ESDAV est avant tout une capacité à regarder sa propre histoire. L’acquisition de cette capacité à regarder, qui n’est pas sans risque, n’est pas séparable de la capacité à créer en l’occurrence des espaces, des formes, des objets, du graphisme… dans lesquels ce regard s’incarne. La faculté de percevoir est par nature déjà culturelle, cela déduit que la perception est une capacité de lecture fondamentale ou primaire. On fait apprendre aux étudiants à extraire d’eux-mêmes leur créativité, guidés par leurs émotions immédiates et autant que possible non contaminés par les modèles du passé, à mesure que progresseraient leur sensibilité esthétique, leur faculté de s’exprimer et d’écrire un langage visuel. En somme, la proposition pédagogique n’est pas un nouveau modèle d’enseignement du design, c’est plutôt une expérience destinée à des étudiants débutants, une expérience qui prend son départ dans les perversités du modèle existant. »

L’OPINION 19/09/2008

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