Soucieux de mettre en valeur nos objets utilitaires dans un but esthétique, le B.D.E de l’Ecole Supérieure de Design et des Arts Visuels(ESDAV) à Casablanca a bouclé récemment l’année 2014 par les actes artistiques d’ un Workshop exceptionnel. Il s’agit d’une plate- forme créative portant sur la création d’objets à partir de la récupération des matériaux et le déploiement d’espaces : Omniprésence mondiale de l’objet oblige.
Selon les organisateurs, le but majeur de ce Workshop est de développer le sens de la créativité et de l’innovation chez les étudiants, maîtrisant à la fois concepts et techniques, et cela en dehors des exigences pédagogiques suivies dans leur cursus universitaire.
A l’instar des artistes néoréalistes dont les œuvres sont à la fois simples et complexes, les étudiants participants, toutes filières et niveaux confondus, ont exposé leurs œuvres récentes (objets recyclés). Ils cultivent leur image de futures artiste plasticiens hypersensibles, d’installateurs surdoués, et surtout de poètes de la matière. Auteurs d’une série d’objets insolites, les étudiants ont pu développer tout un langage visuel autonome en utilisant des matériaux de récupération et des objets doués d’une grande valeur en matière de plasticité et de richesse immatérielle : « Dans ce programme de récupération et de recyclage, toute œuvre est alors unique et dépend pleinement du support de base. Il y a beaucoup de travail avant de pouvoir enfin concrétiser le concept… les étudiants participants ont bien mis en exergue leurs savoirs artistiques, tout en faisant revivre les objets délaissés. La façon de concevoir n’est pas la même. Chaque étudiant donne libre cours à son imaginaire. On a été très fiers le fait de voir les visiteurs très sensibilisés au recyclage et apprécient beaucoup ce genre de travail. », nous a confié Tarek Jabrani, coordinateur de ce projet.
En revisitant l’esprit des compressions et des recyclages, ils ont présenté des œuvres dénotatives qui exploitent les possibilités de tous les matériaux, tout en travaillant sur la rigidité, l›épaisseur, la coloration, et l’extravagance.
Avec des œuvres hybrides et expressionnistes, les étudiants ont crée « des objets à fonctionnement symbolique » sous forme d’une série d’œuvres enchantant le regard avisé du récepteur à travers des réalisations conscientes qui dégagent des valeurs nobles en l’occurrence l’onirisme, la jouissance, le purisme et la coexistence.
Les étudiants exposants méritent d’être catalogués parmi les nouveaux-réalistes qui ont fait de l’objet leurs couleurs. Ils sont des figures de témoin de leur époque. Il s se font archéologues qui repensent les objets fétiches de notre vie courante. Ce sont des « para-artistes » qui se démarquent tout à fait de la pratique conventionnelle. Leurs premières accumulations, où l’objet atteint sa « masse » critique, relèvent pour ces futures artiste de la problématique de la dualité « temps-espace » qui allie le geste des expressionnistes à l’accumulation du matériel.

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